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| Jeudi, 24 Septembre 2009 12:39 | ||||
EXPEDITION JW/F8DVDAU SPITSBERGDu 19 au 25 avril 2009 F8DVD François – F0EPL Victor
Depuis plus de 10 ans maintenant, chaque mois d’avril annonce un voyage dans l’arctique. Après 6 séjours passés au Pôle Nord géographique dans le cadre d’une équipe de soutien logistique, j’ai choisi ces dernières années le Spitsberg comme terre d’aventures mais aussi d’activité radio. Cette année, mon fils Victor F0EPL m’accompagnait pour la 1ère fois. L’activité radio fut donc plus réduite pour lui permettre de profiter au maximum de cette superbe île de l’arctique.
Un peu de géographieC’est depuis la petite ville de Longyearbyen qui est la principale localité du Spitsberg que s’est déroulée l’activité radio. Cette île se trouve à l’est du Groenland, à mi distance entre le nord de la Norvège et le Pôle Nord géographique qui est à 1200 km. Il s’agit de la plus grande île (39 000 km² soit 4 fois la Corse) de l’archipel du Svalbard. Situé entre 71° et 81° de latitude nord et entre 10° et 35° de longitude est, l’archipel a une superficie d’environ 63000 km² dont près de 60% sont recouverts de glacier.
Une capitale de 1500 habitantsLongyearbyen est la « capitale » du Svalbard. Jusqu’au début des années 1990, cette agglomération de 1500 habitants (soit plus de la moitié des habitants de l’archipel) était marquée par l’activité minière à l’origine de son existence mais aussi par la pêche et la chasse qui ont laissé leurs empreintes au siècle dernier. Aujourd’hui, on est confronté à une société moderne avec le même style de vie que pour toutes les villes de Norvège. Les maisons, au toit pointu animent le paysage polaire avec leurs couleurs vives. Ce qui surprend le plus en arrivant, c’est le réseau de tuyaux qui court tout autour de la ville. Il s’agit des canalisations de chauffage qui reposent à 60 cm du sol. Leur enfouissement n’est pas possible, car ici, le sol –le permafrost- est gelé en permanence. La société est jeune car l ‘implantation n’y est pas permanente et reste liée à une activité bien définie sur une période donnée. Les établissements d’enseignement sont tous représentés de l’école maternelle à l’université. Cette dernière attire chaque année 200 chercheurs de plus de 20 pays sur des disciplines comme la biologie, la géologie, la géophysique ou la technologie arctique. Vivre au Spitsberg ne veut pas dire que l’on renonce à un certain confort. Avec une soixantaine de magasins, il n’est pas besoin d’aller faire ses courses sur le continent ! Toutefois, tous les produits étant importés, le prix de la vie est particulièrement élevé. De plus, il est fréquent que le cargo qui amène le ravitaillement ne puisse atterrir du fait du mauvais temps.
Côté trafic radio Il n’y a que très peu d’OM résidents sur l’île. Le plus actif est JW5NM, Mathias qui est responsable de la tour de contrôle de Ny-alesund, une petite localité au Nord qui regroupe des scientifiques. C’est un OM particulièrement chaleureux et serviable. C’est par son intermédiaire que le radio club peut être réservé. Nul besoin d’emmener son équipement, tout est sur place. Côté émission : un transceiver Kenwood TS 440S et un transceiver ICOM IC 751 complété par un ampli linéaire automatique de 500 W. Côté aérien : une beam 5 éléments 3 bandes culmine à 30 mètres du sol et 2 dipôles sont prévus pour le 40 et le 80 m. Durant les 7 jours d’activité, un peu plus de 3000 contacts ont été faits principalement en phonie et CW. La plupart l’ont été sur 20m, et quelques uns sur 40m. Les tentatives de trafic sur 80m ont été totalement infructueuses hormis une seule liaison avec une station australienne. Il faut dire qu’à cette période de l’année (mi avril) le jour est permanent, ce qui ne donne pratiquement aucune chance de trafic sur cette bande. Plus de la moitié des contacts ont été réalisés avec des stations en dehors de l’Europe. Le matin, les ouvertures étaient fréquentes sur le Pacifique avec de jolis pile-up japonais. L’une des plus belles liaisons fut sans doute lorsque R1ANC répondit à l’un des mes appels CW sur 20m. Il s’agissait d’Alex, un scientifique russe actuellement en mission d’hivernage à la base de Vostok, située en plein cœur du continent antarctique. Une liaison, quasiment de Pôle à Pôle de près de 20 000 km ! 2 jours plus tard, une autre liaison « polaire » était établi avec Bob VK0BP actuellement en hivernage à la base antarctique de Davis. Au cours de mes différents séjours au Spitsberg, 187 contrées DXCC ont été contactées. Les nouvelles de cette année correspondent à des stations d’Amérique centrale et d’Amérique du sud. Avec plus de 22 000 contacts réalisés depuis le Spitsberg en 6 séjours, une constante peut être tirée, celle concernant la discipline de trafic. Autant il fut facile et agréable de travailler avec des stations du Pacifique, d’Asie et d’Amérique, il n’en a pas été de même avec certaines stations européennes où le respect de l’autre n’était pas vraiment à l’ordre du jour. Pour faciliter les liaisons avec des stations QRP, j’ai pris l’habitude de trafiquer en split et d’appeler par numéro. Cela donne à tous une chance de pouvoir être entendu. Par ailleurs, je n’oublie pas que ce mode de trafic m’a permis de contacter au début de mon activité OM de nombreuses expéditions ou nouvelles entités depuis mon QTH en métropole alors simplement équipé d’une verticale et de 100 Watts. Alors s’il est vrai qu’il faut un peu plus de patience pour attendre son tour, pourquoi cette « cacophonie » pénalisante pour tous et à la limite du supportable après une longue journée de trafic…..
Le Svalbard, une histoire remontant au 16ème siècleLa découverte du Svalbard est attribuée au Hollandais Willem Barentz en 1596. C’est en arrivant en vue d’un groupe d’îles qu’il donna le nom de Spitsberg à la plus grande d’entre elles, du fait de ses massifs montagneux avec sommets escarpés. Puis de 1600 à 1750, des pêcheurs de baleines s’y sont installés. Au cours du 19 ème siècle, les russes ont marqué le Spitsberg de leurs nombreuses installations pour la chasse. Les vestiges de leurs cabanes jalonnent aujourd’hui encore la côte. L’intérêt des norvégiens pour cette région ne s’est éveillé qu’au début du 19 ème siècle également pour la chasse. Puis ce fut la ruée vers l’or…. ! quand les premiers gisements de charbon furent découverts. En 1906 une première compagnie minière était créée par l’américain John Longyear. Puis en 1916 une compagnie norvégienne prit le relai ; elle continue aujourd’hui encore de gérer l’exploitation des derniers gisements avec 200 employés. Pendant près d’un siècle, le charbon a représenté la principale ressource de l’île. Les soviétiques ont exploité trois mines, dont l’activité est arrêtée aujourd’hui. L’un des aspects les plus impressionnants lorsque l’on se déplace dans l’île est de croiser ces villes minières fantômes, totalement figées dans le temps dans un écrin de montagnes enneigées.
Un statut très originalC’est un statut tout à fait particulier qui protège le Svalbard dont le traité a été signé à Paris en 1920 par trente pays. La souveraineté est confiée à la Norvège, mais l’ensemble des pays signataires, dont la France, ont tous les mêmes droits d’accès, de séjour et d’activité économique. Une protection toute particulière de la faune et de la flore arctique est respectée avec la constitution de parcs nationaux et de réserves qui occupent plus de la moitié de l’archipel. Chaque année, des scientifiques de l’Institut Polaire Français occupent une petite base de recherche.
L’ours polaireQuatre espèces de mammifères peuplent l’île : l’ours blanc, le renard polaire, le renne et le morse. C’est sans contexte l’ours blanc qui attire la curiosité des chercheurs et touristes. 2500 ours vivent au Spitsberg, ce qui fait près d’un ours par habitant ! A la fonte des glaces, commence pour eux une longue migration vers le Nord, à la recherche de banquise et de nourriture. Cette migration se fait le long de la côte Est. Un ours affamé est potentiellement dangereux. Il faut toujours être vigilent et emporter lors de toute sortie en dehors de la ville une carabine de gros calibre. C’est surprenant de voir dans l’aéroport à l’arrivée au Spitsberg, des dépliants publicitaires indiquant les magasins où les armes peuvent être facilement louées avec un guide d’utilisation. Lors de l’un de mes séjours, une touriste partie seule en randonnée en dehors de la ville n’est jamais revenue ; un ours avait croisé sa route.. Une erreur malheureusement fatale. Les ours sont totalement protégés depuis 1976. Au cas où l’on soit amené à en tuer un, le gouverneur doit être immédiatement prévenu et une enquête est lancée pour déterminer le contexte, les précautions prises et vérifier qu’il y ait bien eut légitime défense.
Le jour et la nuit La nuit polaire dure 2 mois et demi du 14 novembre au 29 janvier. Elle est aussi aimée que détestée. Son unique rivale étant la pleine lune dont la lumière intense apporte une nouvelle dimension au paysage hivernal. Puis vient le soleil omniprésent, sans interruption, 24h sur 24 du 19 avril au 23 août. C’est l’un des aspects les plus fascinants mais surtout déroutant que ce jour permanent où le soleil ne se couche pas. Il n’incite pas au repos mais plutôt à des ballades ou, comme lors de mes séjour, à poursuivre l’activité radio ! Ce fut d’autant plus vrai que les ouvertures de propagation sur l’Asie étaient fréquentes vers 1h00 TU et il était fort difficile de s’arrêter en plein pilup japonais.
La météoAlors que l’on parle de plus en plus des prémices d’un réchauffement climatique, la météo fut des plus polaire avec des températures à l’abri régulièrement en dessous des -20°C. En 2005, une tempête a balayé le Spitsberg paralysant toute l’activité de l’île pendant 3 jours avec des pointes de vent enregistrées à plusieurs reprises à plus de 160 km/ h. Le froid ressenti descend alors largement en dessous de -40°C.
Côté pratiqueLiaison aériennePour se rendre au Spitsberg, un premier vol vous emmènera en un peu plus de 2 heures à Oslo, capitale de la Norvège. Puis 2 possibilités sont offertes pour la liaison Oslo-Longyearbyen : soit un vol direct de 2 heures soit un vol avec une escale à Tromso au nord de la Norvège.
Malgré l’hostilité de son climat, le Spitsberg demeure une fabuleuse terre d’aventures. La nature est généreuse et c’est un fascinant pays de montagne qui attend le visiteur avec sa multitude de fjords profonds. Une destination privilégiée pour tout amoureux des grands espaces polaires.
François BERGEZ – F8DVD – CDXC 202 Victor BERGEZ – F0EPL – CDXC 1200
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